Un trio d'affreux au Joly

Vous l'attendiez sans doute (ou pas), les affreux du Joly font leur retour ! Enfin seulement trois affreux sur quatre cette fois-ci. Le pauvre Emeric a dû sauter cette explo à cause d'un aléa de dernière minute.

 

La dernière sortie date d'avril 2025, plus d'un an déjà... Nous devions y retourner en mai 2025 puis juin 2025 mais à force d’aléas perso ou de météos défavorables PAF nous voici déjà un an plus tard... Mais plus motivés que jamais !

 

Les objectifs de la balade : retourner dans la zone découverte fin 2024 (découverte puis aménagement d'un long boyau qui débouche sur un grand puits remontant), commencer à grimper le puits, poursuivre l'aménagement du boyau, et faire la topo de tout ce bazar qui n’a toujours pas été faite.

Si certains veulent se rafraîchir la mémoire : CR des précédentes explos.

 

Mais il y a un gros Hic. Notre disto vient de nous lâcher une semaine avant. Et comme nous sommes parfois des glands, nous oublions un peu de traiter le problème ou d'en trouver un autre, et réalisons la veille que nous n'avons pas de disto pour notre sortie au Joly... Ça commence mal...

 

Samedi 23 mai - il n'y a pas le feu au lac, nous nous retrouvons devant le Souffleur à 10h. Le lieu est plus confortable pour préparer le matos. Jade est également présente, elle attend Loane pour aller se balader dans le Jullien.

Joly bordel sur le parking du Souffleur

Joly bordel sur le parking du Souffleur

Nous allons d'abord faire un coucou improvisé à Harry et Marie-Clélia de l'ASPA, qui nous soutiennent toujours dans nos explos. En parlant de notre disto indispo pour cette explo, Marie réalise soudainement qu'elle possède temporairement le disto de Félix. Quelle aubaine ! Allo Félix ?... Génial, il accepte de nous le prêter, nous l'en remercions une fois de plus infiniment !

 

De retour aux voitures il est temps de se préparer. Camille part à la pharmacie acheter du vernis à ongles, Max coupe de la corde neuve pour l'explo et Léo commence à conditionner la grosse quantité de nourriture que nous allons descendre. Il faut quand-même compter 4/5 repas pour cette explo plus deux petits-déj. Et comme nous sommes des gros sacs, nous prévoyons large ! Et au cas où les plats déshydratés préparés par Camille et Emeric l'année dernière ne seraient plus mangeables, nous prévoyons des lyophilisés pour les soirs, au cas où.

Sur le départ. Ca se voit que ça fait longtemps, sinon nous ne serions pas si souriant !

Sur le départ. Ca se voit que ça fait longtemps, sinon nous ne serions pas si souriant !

Le temps de tout préparer, dans une ambiance « mou du slip » au soleil, nous n'entrons sous terre qu'à 13h. Pas question de trop se brusquer le premier jour, il faudra être en forme pour l'explo du dimanche !

 

Finalement nos kits étant volumineux mais pas très lourds, et comme nous commençons à bien le connaître ce Joly, nous arrivons au bivouac à 16h à la surprise générale.

Pendant la descente, puis Léo arrivé au campPendant la descente, puis Léo arrivé au camp

Pendant la descente, puis Léo arrivé au camp

Parfait, nous nous octroyons une première pause repas, puis sortons tout le matos descendu et faisons le point.

Nous vérifions le matos d'explo laissé sous terre depuis plus d’un an. Ça va, ça ne s'est pas trop oxydé. En déballant les deux perfos qui patientaient ici, pas de mauvaise surprise visuelle. L'accu de 4Ah également abandonné sous terre, est encore plein. Impeccable, il affiche toujours 5 barres sur 5 ! Max l'enfiche sur un des perfos et presse la gâchette. Le perfo commence à tourner et PAFFFFF un gros coup de feu nous surprend tous !!

L'accu est immédiatement retiré.. Mais non tout va bien, il affiche toujours les barres et le perfo fonctionne parfaitement... Mais non de Diou c'était quoi çaaaa ? Finalement nous comprenons !

Nous stockons notre matériel avec du carbure pour le garder bien au sec. L'humidité présente au moment de fermer les sacs réagit avec le carbure et dégage de l'acétylène. Il faut croire qu'il restait une certaine quantité d'acétylène à l'intérieur du perfo au moment de faire le premier essai ! Nous avons bien sursauté !

(D’ailleurs si vous avez du carbure que vous n'utilisez plus, on le récupère !)

 

Bref, nous rebourrons les kits, à fond cette fois-ci : cordes, perfos, tout le matos de grimpe plus des affaires sèches, matos de désob et de topo, et évidemment à manger !

Il est tôt, du coup nous décidons de commencer la topo qui doit redébuter du camp, et de monter du matériel jusqu'au départ de notre boyau infâme.

Hop hop hop on s'active, on se refroidit vite au Joly, surtout quand nous sommes trempés.

Camille passe devant et désigne les points, Max vise les points au disto mais râle car il ne voit rien (la vieillesse) et Léo se traîne derrière avec Topodroïd mais il fait des dessins incroyables. En haut des premiers puits, Max passe devant pour aller déblayer la dernière désob de l'année dernière, faite en haut du P10, au tout départ du boyau infâme. Camille et Léo continuent la topo.

Hop hop hop, nous nous retrouvons tous les trois au départ du boyau, en même temps, nous laissons tout le matériel et redescendons à vide. Il est temps d'aller se réchauffer les miches. De retour au camp à 21h45.

 

Nous retrouvons nos petites habitudes, corvée d'eau, déballage des affaires, installation du grand lit, et retrouvons la nourriture laissée il y a un an. Les plats déshydratés ont une bonne tête. Il reste du canard séché sous-vide. Nous le tentons, il est toujours hyper bon !

Pour les plats déshydratés nous essayons de reconnaître ce que cela pouvait être, possiblement un poulet curry massala. Nous prenons chacun un bol, chacun une portion, de l'eau bouillante, un peu de patience... Et... Ça sent le vomi. En goûtant, en bouche, ça sent aussi le vomi. Enfin, pour Camille et Léo surtout. Max trouve que ça sent bon et que ce n'est pas mauvais... D'ailleurs il s'énerve après Camille qui a recraché sa bouchée dans son bol, et lui ordonne de la remanger immédiatement car il compte bien se faire sa portion. La pauvre s'exécute immédiatement et remange sa bouchée de vomi sous les yeux de Léo qui est mort de rire.

Du coup Max mangera à lui seul les trois portions pendant que Camille et Leo se font deux lyophilisés très alléchants. Finalement Max les trouvera également plutôt alléchants, comparés au vomi qu'il vient de manger.

 

Au dodo. Quelque chose ne va pas. Ou quelque chose va trop bien en fait. Nous réalisons que comme Emeric n'est pas là nous allons pouvoir dormir sans bouchon d'oreille. Et même si nous aurions préféré qu'il soit parmi nous, ça n'a tout de même pas de prix de savoir que nous allons dormir dans le calme et que les concrétions ne vont pas tomber cette nuit !

 

 

Dimanche 24 mai

 

C'est le grand jour de l'explo. Réveil 7h45. Comme d'habitude nous sommes inertiels au réveil et il est dur de se motiver à bouger alors que nous sommes dans un duvet presque chaud. Comme d'habitude Leo nous prépare le petit déjeuner au lit sans quitter son duvet. Puis c'est parti nous finissons par nous bouger tant bien que mal.

Nous renfilons nos affaires trempées et froides, préparons un nouveau kit rempli de corde puis comme toujours nous nous lançons sur les cordes à côté du camp, tout engourdi par le froid, le temps de se réchauffer en montant.

Départ 9h45 du camp. A 10h20 nous arrivons au départ du boyau. Nous récupérons les kits, montons le P10 qui mène au boyau et franchissons sa tête de puits horrible. Nous avons 4 kits, heureusement que nous en laissons un à la voûte mouillante pour la désob. En effet il est indispensable d'améliorer le shunt de cette voûte mouillante, qui pour le moment reste infernal à passer.

Départ du camp pour l'explo, puis Camille qui monte le P10 menant au départ du boyau.Départ du camp pour l'explo, puis Camille qui monte le P10 menant au départ du boyau.

Départ du camp pour l'explo, puis Camille qui monte le P10 menant au départ du boyau.

Camille découvre ce boyau pour la première fois. Leo et Max commencent à bien connaître cette première partie, mais c'est la première fois qu'ils retournent jusqu'au puits à grimper, depuis qu’ils l’ont découvert. Une certaine émotion nous emplit de retourner là-bas, en parallèle des nombreux jurons que nous lâchons dans tous un tas de passages étroits, entre les énormes silex.

Camille progressant dans le "nouveau" boyau (ça fait envie hein ?)

Camille progressant dans le "nouveau" boyau (ça fait envie hein ?)

Un peu avant midi, nous sommes en bas du puits. Depuis le temps nous pensions peut-être avoir exagérée sa taille. Il n’y avait pas moyen de vérifier depuis tout ce temps, nous n'avions pu faire aucune image lors de sa découverte. Mais non, il est très haut, plus que dans nos souvenirs encore.

Il est temps de s'y attaquer, et d'aller voir ce qu'il se cache là-haut !

Préparation de l'escalade en bas du puits à grimper

Préparation de l'escalade en bas du puits à grimper

Leo et Camille attaquent l'escalade, motivés comme jamais. Max retourne dans le boyau poursuivre la désob commencée les deux dernières séances en 2025. Après 3h de travail au niveau du shunt, ça passe enfin tout droit, et la voûte mouillante se shunte enfin facilement. S'ensuivent deux heures de massette dans toute la partie qui va du shunt, jusqu'au grand puits, qui n'avait que sommairement été aménagé.

Ça passe nettement mieux qu'avant, sur toute la longueur du boyau, c'est une vraie satisfaction !

 

De retour au grand puits, Max ne voit plus Camille et Léo qui sont déjà loin sur les cordes fraîchement installées. Le puits, très haut, larges de plusieurs mètres, part vers le nord. Il est d'abord nécessaire de monter une douzaine de mètres pour arriver à un grand palier, d'où la suite du puits est plus visible, et d'ailleurs plus impressionnante. Il est vraiment magnifique, et bien plus haut encore que ce que nous pensions. Nous avions gardé en tête une cinquantaine de mètres au moins. Finalement quand Max rejoint Camille et Léo en haut des cordes, les deux loustiques ont déjà grimpé 70m ! Arrêt juste avant un palier, où la suite verticale du puits se décale encore un peu plus au nord. Une visée topo indique plus de 30m encore mais nous ne distinguons toujours pas de plafond dans cette suite verticale, un poil plus étroite qu'au départ. Par contre elle semble encore plus arrosée que la première partie grimpée, il faudra adapté notre équipement pour la prochaine séance.

Le départ du puits, vu de sa base, qui mène à un grand palier

Le départ du puits, vu de sa base, qui mène à un grand palier

Vu depuis le grand palier

Vu depuis le grand palier

Nous nous arrêtons ici. Nous avons utilisé toutes nos cordes, toutes nos plaquettes, et quasiment tous les accus. Et il faut encore faire la topo de la partie grimpée et du boyau !

Leo et Camille sont trempés et frigorifiés. Redescendue en bas du puits Camille retire sa doudoune et ses sous couches. Les éclaboussures et les embruns ont fini par traverser toutes les couches. Nous prenons tout de même le temps de manger un morceau, de reconditionner un perfo laissé sur place, et nous repartons dans le boyau réaliser la topo, nettement plus léger qu’à l’aller.

Il est temps de rebouger car il semble que certains d'entre nous commencent à présenter des signes d'hypothermie !

ça caille les miches iciiiii

ça caille les miches iciiiii

Camille la prothésiste ongulaire place les points au verni, Leo l'expert pointe au disto et dessine, et Max le bourrin reprend son marteau et élargit des passages qui peuvent encore l'être.

La topo prend du temps mais nous sommes heureux d'enfin la faire.

Dans la zone déjà topographiée la veille, nous traçons pour rejoindre le camp.

Un Joly fossile observé dans le boyau

Un Joly fossile observé dans le boyau

Le Joly, ça use.

Le Joly, ça use.

Vers 21h30 nous sommes de retour au bivouac, où nous pouvons enfin nous mettre au sec et au "chaud".

Lyophilisés pour tout le monde ce soir, Max ne tient pas spécialement à remanger du vomi.

Nous mangeons au lit, prêts à se coucher. Tout en écoutant un peu de musique, nous faisons le point sur la topo : le boyau fait environ 140m de long, et le dernier frac posé dans le grand puits est environ 160m plus haut que le camp. Pas mal pas mal ouaiiii.

 

Lundi 25 mai

 

Réveil 8h45, nous ne sommes pas très matinaux. Mais de toute manière il n'y a plus qu'à sortir.

Le temps de petit-déjeuner, de reconditionner le bivouac et le matériel que nous laissons, de refaire un inventaire, de faire caca, il est déjà midi quand nous quittons le camp.

Sur le chemin du retour

Sur le chemin du retour

Camille devant le boyau Radio-Actif, Camille savourant une pause à la sortie du boyau, Léo qui savoure le méandre de la Relativité Restreinte
Camille devant le boyau Radio-Actif, Camille savourant une pause à la sortie du boyau, Léo qui savoure le méandre de la Relativité Restreinte
Camille devant le boyau Radio-Actif, Camille savourant une pause à la sortie du boyau, Léo qui savoure le méandre de la Relativité Restreinte

Camille devant le boyau Radio-Actif, Camille savourant une pause à la sortie du boyau, Léo qui savoure le méandre de la Relativité Restreinte

La remontée est plus longue que la descente du premier jour, et malgré de bonnes nuits sous terre, nous commençons à ressentir un peu de fatigue. Nous pointons le bout du nez dehors à 17h, où nous sommes heureux de retrouver un soleil qui a, apriori, été caniculaire pour la France entière.

Joly, nous reviendrons une fois de plus !

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
L
Toujours aussi cool les CR des Affreux. J'adore !
Répondre
Spéléologie et Canyoning du Pays d'Aubagne - Cuges -  Hébergé par Overblog